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Archive pour août 2011

Le rideau dernier WSOP (World Series Of Poker) vient de tomber. Ce grand rendez-vous annuel dans un casino de Las Vegas des meilleurs joueurs de poker de la planète constitue le plus grand évènement mondial de tournois de poker. Au lendemain de la fête, nombre de grands ont choisi de déménager ailleurs qu’au pays de l’oncle Sam.

Chômeur du jour au lendemain
Si certains sont déjà partis avant, d’autres ne se sont décidés que tout récemment. L’arène du poker américain semble bien vide. Le souvenir du « Black Friday » reste encore assez vivace et a jeté un vent glacial au poker aux États-Unis. Nombre d’observateurs ont même prédit que le WSOP constitue en quelque sorte les derniers vœux d’un condamné. En effet, après la clôture des tournois du WSOP, beaucoup de joueurs de retrouvent sans activité pour ne pas dire démunis. Après avoir goûté un dernier été à Las Vegas, ils n’ont que l’alternative d’aller exercer ailleurs, là où la législation est plus souple.

Partir vers le Nord
L’exemple le plus révélateur serait le cas de Phil Galfond qui a migré vers le Canada, dans la ville de Vancouver en juillet de cette année. Ce joueur américain  affectionne particulièrement le heads-up à enjeux importants dans les parties de poker Omaha pot-limit.
La ville de Toronto a également reçu Olivier Busquet qui s’était initié au métier de commentateur d’ESPN pendant sur les émissions en direct qui ont couvert les WSOP.  Il s’y est nouvellement établi pour s’adonner aux jeux en ligne tel que le poker. Olivier Busquet excelle également en heads-up, le poker live ne constituant plus vraiment une option, il a décidé de rejoindre Toronto. De même, Daniel Negreanu, un des meilleurs joueurs mondiaux de poker, bien qu’originaire du Canada, s’est installé à Las Vegas, ville des casinos, mais là il envisage également un déplacement vers le nord. En effet, comme il parraine PokerStars, il faudrait qu’il trouve une terre d’accueil pour qu’il puisse y jouer. Bien d’autres joueurs encore considèrent sérieusement cette éventualité et pourraient suivre leurs collègues dans les prochaines semaines.

Un déménagement original
Ce qui a motivé certainement le site Pocket Fives à imaginer une prestation qui consiste à relocaliser des joueurs de poker. Ce site, mis en ligne en 2005, est bien connu par les joueurs en ligne en établissant des classements hebdomadaires. Tout récemment, il a déclaré son intention de tourner un peu le dos au marché des jeux de casinos en ligne américains pour mieux se concentrer ailleurs. Pocket Fives se propose, en fait, de porter assistance à des joueurs américains qui souhaitent déménager au Canada, au Costa Rica ou au Panama, bref des pays où le poker reste encore chouchouté. Il assure la mise à disposition d’un contact local, la création d’un compte bancaire. Il s’occupe également de leur trouver un logement, de la location de voiture et de favoriser l’obtention d’un visa. Outre l’assistance dans la réalisation de leur déménagement, Pocket Fives leur fournit également le papier requis pour y travailler.

Bien qu’il y eût des rumeurs qui laissent entrevoir des lueurs d’espoir pour les jeux de casinos en ligne aux États-Unis, du moins dans certains États, les joueurs sont las sûrement d’attendre. Car le temps c’est aussi de l’argent !

Avant, dans les casinos les femmes s’agglutinent autour d’une table de blackjack ou de baccarat, rarement au poker. Ainsi  quand on parle de poker, on songe immédiatement aux messieurs et à leurs prouesses. De nombreuses femmes se débrouillent pourtant très bien dans cette discipline. Plusieurs d’entre elles se sont hissées au rang de championnes, supplantant au passage quelques représentants de la gent masculine. Parmi les femmes qui ont marqué le monde du poker, trois ont été récompensées pour leur talent et leur savoir-faire. Elles ont été intronisées au Women In Poker Hall of Fame

Les meilleures joueuses de poker
Si les messieurs ont droit au Poker Hall of Fame, les femmes ont leur Women In Poker Hall of Fame ! Pour cette année 2011, trois « nouvelles » rejoignent le panthéon des femmes qui ont marqué l’univers du poker. Il s’agit en l’occurrence de Krysty Gazes, Phyllis Caro et Margie Heintz. Toutes les trois ont impressionné par leur parcours dans le monde du poker… Ce qui porte à treize le nombre de femmes à avoir obtenu cet honneur.

Pour la petite histoire, le Women In Poker Hall Of Fame existe depuis l’année 2008. Elle a été mise en place afin de rendre hommage aux contributions non négligeables des femmes dans l’univers du poker. Pour célébrer les trois nouveaux membres de ce cercle, une cérémonie se tiendra le 2 septembre 2011 au casino Golden Nugget localisé à Las Vegas.

Phyllis Caro et Margie Heintz
Phyllis Caro et Margie Heintz ne sont pas n’importe quelles « femmes du poker ». Il s’agit en effet de deux superviseurs exerçant dans deux casinos américains en tant que directeur des opérations de poker, respectivement au Hollywood Park Casino et au Casino El Dorado.

Mis à part leur emploi actuel en casino, ces deux femmes ne sont pas étrangères à l’univers du casino. En effet, Phyllis Caro est l’épouse d’un joueur de poker professionnel connu, Mike Caro. Pour sa part, Margie Heintz a été la toute première femme à occuper le poste de croupière au cours des WSOP ou World Series of Poker.

Krysty Gazes
Krysty Gazes est, pour sa part, une joueuse bien connue dans l’univers du poker. Depuis qu’elle a entamé sa carrière, elle a empoché près d’un million de dollars sans pour autant remporter de titre majeur. Dix fois, elle a empoché des gains au cours des WSOP ou World Series of Poker. Onze fois, elle a encaissé dans le cadre du WPT ou World Poker Tour. Cette talentueuse Californienne occupe aujourd’hui la dix-neuvième place des femmes ayant empoché le plus de gains de toute l’histoire du poker.

D’autre part, les femmes qui s’adonnent aux jeux en ligne deviennent également de plus en plus nombreuses.

Le Binion’s Horseshoe, qui porte le nom de Binion’s Gambling Hall and Hotel depuis l’année 2005, est un casino mythique du Strip de Las Vegas. Cet établissement légendaire célèbre cette année 2011 sa soixantième année d’existence.

Soixante ans sur le Strip
L’histoire du Binion’s commence au mois d’août 1951. Quelque temps après avoir quitté le Texas, Benny Binion décide de s’installer à Las Vegas où les jeux de hasard et d’argent dans les casinos sont légaux. En 1951, il fait l’acquisition de l’El Dorado club. Il entreprend des travaux de rénovation et décore l’établissement sur le thème du Western. Le casino ainsi créé est baptisé « Binion’s Horseshoe Casino ». Celui-ci est devenu célèbre grâce aux initiatives novatrices de Benny Binion. Celui-ci dispose un million de dollars dans une des vitrines sises dans la salle principale. Son casino est également célèbre pour la belle moquette qui recouvre son sol et pour ses limites qui sont les plus hautes de tout Las Vegas.

Tout au long de son existence, le Binion’s a toujours fait preuve d’audace et d’innovations. Il a compté parmi les tout premiers établissements à proposer des boissons ainsi que des aliments gratuits aux joueurs. Quelque temps après son ouverture, le casino Binion’s a fait parlé de lui en mettant en place un ascenseur, un système de climatisation ainsi qu’un service de limousine assurant le transfert entre l’aéroport et l’hôtel à ses clients.

World Series of Poker, entre 1970 et 2004
Le Binion’s est définitivement entré dans les annales des casinos en devenant l’hôte des premières éditions des World Series of Poker. Entre les années 1970 et 2004, l’établissement a hébergé ce célèbre championnat de poker. Il a été supplanté par le Rio après avoir été racheté par le groupe Harrah’s Entertainment. Les World Series of Poker se déroulent désormais au Rio, un casino pouvant accueillir un nombre plus important de joueurs.

Pour la petite histoire, la toute première édition des World Series of Poker a rassemblé les sept joueurs de poker émérites du moment. Ils se sont affrontés dans une épreuve unique au terme de laquelle Johnny Moss a remporté la victoire. Aujourd’hui, le Binion’s abrite le célèbre Poker Hall of Fame.

Réouverture prochaine
À l’occasion du soixantième anniversaire du Binion’s, il a été annoncé que l’hôtel-casino serait rénové et prochainement rouvert. Notons, en effet, qu’au mois de novembre 2009, les chambres de cet établissement ont été fermées. Depuis, seul le casino reste ouvert au public. Il semble que cela va très bientôt changer.

Las Vegas n’a plus besoin de nouveaux casinos, le parc local est suffisamment fourni, il faudra autre chose pour redresser l’économie vacillante de cette ville des jeux de casino. Les dirigeants de Ceasars Entertainment compatissent entièrement à cette conclusion des analystes. Alors, que faudrait-il de structure innovante pour restimuler la fréquentation de ses casinos et donner ainsi un coup de pouce à l’essor économique ?

Un projet de 550 millions de dollars
Le Linq, c’est son nom et c’est à lui que reviendra la lourde charge de ramener au bercail les brebis égarées des jeux de casinos. Sous ce nom (dont l’origine n’a pas encore était dévoilé) se cache un projet gigantesque qui vaut 550 millions de dollars et qui seront investi dans la construction d’un gigantesque centre commercial. Sa conception s’inspire de l’autre œuvre du même architecte, The Grove de Los Angeles. Il comportera une roue d’observation qui sera la plus haute du monde, car celle-ci sera plus haute que celle de Londres et celle de Singapour. L’annonce a été faite par Jan Jones, Senior Vice Président de  Cearsars Entertainment, au Pure Nightclub. Le Linq constitue la première nouvelle construction d’une telle envergure à Las Vegas après l’ouverture du Cosmopolitan en décembre. D’autre part, l’Imperial Palace sera reconverti et ses activités réorientées vers cette stratégie au profit du développement économique du comté.

Un réaménagement des activités
Le Caesars gère une dizaine de casinos sur le Strip. Le Ling sera construit le long de la rue privée blottie entre le Flamingo et I’Imperial Palace, commençant au Strip et se terminant à l’Audrie Street et à l’Ida Avenue qui d’une rue publique deviendra alors privée. Le projet Linq devrait créer 3 000 emplois pendant sa vitesse de croisière.

La roue d’observation du Linq dépassera de 9 pieds le Singapore Flyer et de 107 pieds le London Eye. Ses 28 cabines transparentes sphériques peuvent contenir chacune 40 passagers et la roue peut transporter 2 240 visiteurs par heure. Un tour complet de la roue  prendra environ 30 minutes. Le coût de la visite ne dépassera pas 20 dollars par personne selon toujours les dirigeants de Ceasars et ses premiers visiteurs sont prévus en 2013. Le Linq devrait générer environ 1 500 emplois permanents. Autour de 70% du complexe seront occupés par des bars et des restaurants.

Le Flamingo sera doté d’une voie d’accès qui permet aux visiteurs du Linq d’accéder directement aux casinos et à ses jeux de tables et machines à sous. Le O’Sheas sera sacrifié au profit d’une nouvelle construction intégrée dans l’Imperial Palace, qui se trouve à 150 pieds plus à l’Est. Celui-ci montrera une nouvelle façade, une porte cochère et un espace destiné à la réception d’un hôtel. Par ailleurs, le casino subira également un relooking.

La conception de ce grand complexe a été confiée à Rick Caruso qui est déjà bien connu pour avoir réalisé des œuvres importantes comme le Grove de Los Angeles. L’architecte part d’un constat que des millions de personnes parcourent le Strip sans pour autant pénétrer forcément dans les casinos. Il faudrait alors briser l’image d’univers hermétique associée aux casinos et créer une ambiance telle que les flâneurs se dirigent naturellement vers les casinos. La population jeune est la cible principale du projet. Des spectacles réguliers en plein air sont même prévus dans le Linq.

La polémique sur l’appartenance du poker aux jeux de hasard ou aux jeux d’adresse a fait depuis toujours couler beaucoup d’encre. Hasard ou adresse, une erreur d’appréciation peut valoir des sanctions pénales, car les jeux d’argent et de hasard en ligne sont encore interdits dans plusieurs pays. Aujourd’hui, les donnes semblent évoluées, du moins dans une région française, en l’occurrence à Toulouse, où le tribunal vient de rendre sa décision : le poker n’est pas un jeu de hasard.

Un jeu d’adresse
En France, seul le poker en ligne reste encore autorisé et les opérateurs qui souhaitent en proposer doivent obtenir une licence de l’ARJEL (Autorité de régulation des jeux en ligne). À Toulouse lors d’un procès où un établissement est mis en cause pour avoir organisé des jeux d’argent en toute illégalité, le Tribunal de Grande Instance a rendu son verdict. Une décision juridique qui jette une pierre dans la marre des jeux de hasard, y compris les jeux de casinos, puisqu’elle remet au gout du jour le débat sur la qualification du poker. En effet, après avoir entendu les jurés et la défense, le TGI de Toulouse a admis que le poker fait partie des jeux d’adresse.

Interprétation restrictive
Les prévenus sont accusés d’avoir organisé et participé à des jeux de hasard dans un établissement. Selon l’article 1er de la loi du 12 juillet 1983 (nouvelle version) : « le fait de participer, y compris en tant que banquier, à la tenue d’une maison de jeux de hasard où le public est librement admis, même lorsque cette admission est subordonnée à la présentation d’un affilié, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 90 000 euros d’amende ». Or, dans le cas précis d’une sanction pénale, le juge est tenu de traduire les textes de façon restrictive dans l’intérêt des accusés. Et c’est sur cette obligation du juge que les accusés comptaient pour essayer de prouver qu’ils ne sont pas livrés à un jeu de hasard.

Légal même avec un peu de hasard
Conformément à la loi 12 mai 2010 : « jeu de hasard est un jeu payant où le hasard prédomine sur l’habileté et les combinaisons de l’intelligence pour l’obtention du gain ».

Seulement, le 4 mars 2009 la Cour d’appel de Versailles, sur une affaire concernant le groupe Partouche, reconnaît qu’un jeu peut devenir légal du moment que le hasard n’intervient qu’au moment de la distribution des cartes. C’est le cas, par exemple, pour une partie de bridge ou de belote,  pendant laquelle une fois les cartes partagées, l’issue du jeu dépendra essentiellement des stratégies mises en œuvre par les deux partenaires. Le cas du poker n’en est pas loin. Autrement dit, la Cour admet qu’un jeu peut-être licite même si le hasard y prend part un peu.

C’est logiquement dans cette même optique que le jugement du Tribunal de Grande Instance de Toulouse a sorti son verdict. Est-ce les prémices d’une reconnaissance du poker en tant qu’art et non un jeu de hasard ?